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Jeudi 10 avril 2008
 

Collectif

Platon, Ménon

Analyses & Réflexions

978-2-7298-9999-8,  ARMENO

16 x 24 cm, 160 pages, 12,5 €

Parution : 1999        statut : Disponible

 

La multiplicité des approches du texte et la problématique des œuvres permet d'en apprécier la modernité, et de faire découvrir à des étudiants littéraires ou non littéraires des textes classiques qui, sans cela, seraient restés incompris voire inconnus.
Pour chacun des ouvrages de la collection : la vie de l'auteur, l'œuvre, l'époque…
De nombreuses contributions originales de spécialistes : études littéraires, explication de texte – approches philosophiques – approches psychanalytiques – anthologie critique – biographie, filmographie, entretiens, interviews, etc.

 

EDITIONS ELLIPSES

INTRODUCTION

Savoir. Mais qu’est-ce que savoir ? Peut-on savoir que l’on ignore ? Si nous sommes enchaînés dans la caverne, comment pouvons-nous nous retourner et partir à la découverte des Idées ? Certes, nous pouvons imaginer l’intervention d’un Maître qui, tel Socrate, fait tomber les chaînes de l’ignoranceÊ? Mais ce Maître, comment s’est-il fait ? Quelle a été la force qui a poussé le premier Maître à se délivrer de ses liens ? Comment pouvons-nous désirer apprendre ? Les choses peuvent en effet se diviser en deux classes : celles qu’on sait et celles qu’on ignore ; celles qu’on sait, on ne les recherche pas, puisqu’on les sait ; quant à celles qu’on ignore, on ne les cherche pas non plus, puisqu’on les ignore, et même si, par hasard, on « tombait dessus Â» on ne pourrait reconnaître que c’est là ce qu’on ignorait. Existe-t-il alors une sorte de savoir qui s’apparente à une ignorance qui se sait, d’une part, et un savoir qui se distingue radicalement d’une ignorance en tant qu’elle s’ignore elle-même d’autre part ? Notre savoir ne se donne-t-il pas plus souvent à interpréter sous la forme d’un croire-savoir que sous celle d’une véritable connaissance des choses, de ce qu’elles sont en tant que telles et non telles que nous pensons qu’elles sont ou telles qu’elles nous apparaissent ? Autrement dit, tout savoir ne se réduit-il pas à un nÅ“ud de définitions ? Sans doute, n’est-ce pas la polysémie du terme « vertu Â» qui pose problème à Platon, mais bien plutôt le fait de savoir si la vertu est une ou multiple[1].

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[1] Cf. à ce sujet le Protagoras, 329 b.

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